vendredi 26 juin 19h à la Mach’inante de Montreuil
vendredi 19 juin 2009, par didattica
Photographies de Valérie Jacquemin
vendredi 26 juin à 19h
à la Mach’inante de Montreuil
26 rue Rochebrune (Métro Mairie de Montreuil)
à cette occasion, nous avons présenté la nouvelle
exposition-installation 2009
"Rroms : entre stéréotypes et connaissances"
en partenariat avec les associations Rromani Baxt et Center Aver contre le racisme.
Elle est resté à la Machinante jusqu’au samedi 4 juillet
Buffet-apéro-expo : 19h
Début séminaire : 20h

Le thème de cette première séance était
La séance a été animée autour de paroles d’invités qui ont une connaissance sur le sujet avec des moments de discussion.
Nos invités étaient :
Brahim Music, président de l’association Ternikano Berno, délégué-suppléant des Rroms Sinté Kalé au Forum européen des Rroms et des Gadjé du Voyage et travaille avec l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe.
Jeanne Gamonet, écrivaine et poétesse sinti et française, présidente de l’association Centre Aver contre le racisme et toutes formes de discriminations, ancienne interprète à Médecin du monde dans la Mission « Tsiganes », licence de sanscrit, master de linguistique sur la langue rromani, doctorante en rromani.
Mića Stefanović, a repris la présidence de l’association Communauté Mondiale Gitane, fondée en 1957 à Montreuil par Ionel Rotaru, écrivain, juriste et peintre rrom voulant rassembler toutes les communautés représentant la diversité du peuple rrom (d’Europe orientale, de France, d’Espagne…) et dont le principal combat a été la recherche de la reconnaissance du génocide des Rroms « Samudaripen » pendant la seconde guerre mondiale.
Shehida Musa, Rromni du Kosovo, montreuilloise depuis plus de vingt ans, ayant connu Ionel Rotaru.
Photographie de Valérie Jacquemin
Cette première séance était sous le signe de l’histoire des Rroms yougoslaves de Montreuil avec Brahim Music, Mića Stefanović, Shehida Musa, Michel et Karine qui étaient présents. Jeanne Gamonet, de son côté, nous a rappelé ou appris l’histoire de la migration du peuple rrom depuis l’Inde, leur arrivée aux Portes de Paris en 1427 et la formation des différents groupes culturels (Sinté, Manouches, Rroms orientaux, Rroms d’Angleterre, d’Espagne...).
Quelques idées fortes pour la création du film ont émergé de cette première rencontre :
la situation des femmes dans l’histoire et la culture du peuple,
la pédagogie comme support pour la création du film,
le dialogue entre les anciens et les jeunes,
le dialogue entre les Rroms et les Gadjé,
l’importance du folklore (au sens de savoir du peuple) ; idée de constitution d’un groupe de musique et de danseurs(ses),
la place de la culture rromani dans la culture occidentale et notamment dans la culture française.
Proposée par didattica, en partenariat avec les associations Rromani Baxt et Centre AVER contre le racisme, conception & scénographie Adeline BESSON.

Présentation des pièces de l’exposition
Dans cette exposition, il ne s’agit pas de retracer la culture rrom de manière encyclopédique mais plutôt d’essayer de comprendre pourquoi elle a toujours été reléguée aux marges de la représentation de la culture européenne alors qu’elle y a contribué.
Le parti pris général de l’exposition est se pencher sur deux visions indissociables. La première se focalise sur les choses les plus visibles : les stéréotypes, clichés et autres archétypes qui conditionnent la production de catégories fantasmatiques.
Le seconde, tente de nuancer la première en proposant une vision fondée sur la connaissance produite à partir d’une démarche scientifique et artistique.
Constituée d’installations, l’exposition joue en permanence à travers différents dispositifs, entre un endroit (intérieur invisible) et un envers (extérieur visible).
Cette exposition est produite par l’association didattica, un collectif d’architectes, d’artistes et d’enseignants qui réunit divers intervenants et acteurs issus de disciplines et de milieux sociaux et professionnels différents au cours de dispositifs expérimentaux. Elle est réalisée avec le conseil scientifique de Marcel Courthiade, professeur responsable de la chaire de langue et civilisation rromani à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et en partenariat avec son association Rromani Baxt, fondation de l’Union Rromani Internationale et l’association Centre Aver contre le racisme.
1 Les boîtes
Jouent entre l’extérieur et l’intérieur.
A l’extérieur, des noms-étiquettes et des stéréotypes attribués aux peuples européens sans territoire compact et sans Etat. Ces stéréotypes sont tamponnés sur le dessus de la boîte : les mots sont présentés au pochoir bleu en référence à un graffiti peint « à la va vite » sur un mur.
A l’intérieur, deux textes présentent ces peuples pour amener le spectateur vers une connaissance à la fois endogène et scientifique, de ces peuples.
Les Rroms font partie des ces peuples européens sans territoire compact et sans Etat. Les peuples européens ayant des Etats-Nations ont très souvent une grande méconnaissance de ces autres nations et ont des difficultés à les appréhender du fait des catégories traditionnellement associées à l’identité nationale. Par exemple, le peuple rrom n’a pas d’Etat-Nation ni de religion unique : la nation rrom s’appuie, entre autres, sur la langue rromani et un ensemble de symboles pour construire son unité.
2 La carte
Joue sur le recto-verso d’une couture.
D’un côté, la carte reprend la migration historique du peuple rrom qui va du continent asiatique au continent européen et présente une chronologie de l’histoire des Rroms avec les évènements principaux. De l’autre, les coutures de la carte servent de support aux noms-étiquettes souvent donnés aux Rroms dans les différents pays.
3 La caravane
Joue sur deux archétypes.
L’image réalisée sur du kraft représente une caravane en grand format. Sur celle-ci, est peint un paysage largement inspiré d’une peinture de 1848 intitulée « Eldorado » et destinée à un carton de tapisserie pour la manufacture Zuber. Ce paysage kitsch condense à lui seul, un ensemble d’archétypes architecturaux : les pyramides égyptiennes, le temple et les ruines grecs, le minaret, un morceau de château fort. Ce type de tapisserie correspond à une vision fantasmée d’un regard occidental sur les civilisations. Il est encore très en vogue dans certains intérieurs bourgeois.
La caravane renvoie de son côté à l’idée d’exil et au nomadisme supposé du peuple rrom. C’est un stéréotype qui est devenu un archétype : une forme d’habitat (pourtant minoritaire chez les Rroms) est devenue une représentation généralisée de la culture rrom et finalement un lieu commun et un fantasme de l’identité rrom.
4 La cabane
Joue sur deux réalités.
La première, une réalité sociale, est représentée par une cabane en carton ressemblant aux habitations précaires des Rroms nouvellement immigrés et venant notamment de Roumanie, qui sont construites aujourd’hui dans le quartier du Landy. La seconde, une réalité culturelle, est représentée par des dessins noirs d’instruments de musique, collés au sol et se dirigeant vers la cabane.
Cette installation dénonce la réduction du peuple rrom à l’image de la pauvreté ou bien à celle de la musique, composante connue de sa culture (sous le nom de « musique tsigane »).
A l’intérieur de la cabane, est diffusé un film sur un atelier pédagogique mené par l’association didattica. Dans cet atelier de création cinématographique, réalisé avec des élèves rroms ou non, nous avons considéré la culture non pas comme une vitrine (ou une image) mais comme le support d’une action pédagogique visant un travail de création ainsi que la diffusion et la production de connaissance
5 Une surprise
A découvrir